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    n o u v e a u t é  2016-2017                                                                                      

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  • Rencontre avec ALBERT BENSOUSSAN

    à la librairie Le Forum du Livre, à Rennes,

    le samedi 9 septembre 2017, 15h30

    voir sur le site de la librairie : ici

     

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    Anne Veillard, présidente des Amis de Folle Avoine, 
    vous invite à une « Lecture au jardin », chez elle.

    le dimanche 10 septembre prochain, à 16h30.

     

    Voici les détails de ce moment privilégié auquel vous êtes conviés :

    Le comédien Michel Jayat lira les textes d’auteurs du catalogue
    des Éditions Folle Avoine, les dernières publications, d’auteurs étrangers
    en particulier : vous pourrez ainsi entendre les textes de Najar, Faïz Ahmed Faïz, Mizon, Derek Mahon Hernandez, et aussi Fleury, Michel Dugué, Guy Lévis Mano, Serge Wellens, Mérédith Le Dez, Vallat, Inizan.

    Des exemplaires des livres de ces auteurs seront présentés pour que
    vous puissiez compléter votre collection de poésie.

    A  l’issue de cette séance de lecture qui se déroulera dans le jardin,
    (en cas d’intempéries, le repli est prévu au Salon),
    vous pourrez rencontrer à coup sûr l’éditeur Yves Prié
    et le comédien Michel Jayat, certains des auteurs peut-être,
    autour d’un chaleureux buffet maison.

    L’entrée est fixée à 10€, et l’adresse du jardin de Anne est la suivante : 6, allée de Fermont à VERN SUR SEICHE. Voici deux numéros de téléphone au cas où vous auriez besoin de nous joindre : 06 72 74 21 95 (Anne Veillard) et 06 83 05 81 15 (Hélène Camus). 

    Merci de bien vouloir réserver au 06 72 74 21 95 - Jauge restreinte.

     

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    à l'occasion de la parution aux éditions Folle Avoine

    des œuvres poétiques d'

    ANTONIO OTERO SECO 

    Rencontre avec Albert Bensoussan, son traducteur

    Champs Libres, Rennes

    le mercredi 15 novembre 2017 à 18h30  

     

     

     

     

     


  • La géographie de la Bretagne est presque un genre poétique à part entière. Plusieurs écrivains y sacrifient le meilleur d'eux-mêmes (je songe à Marc Le Gros, Jacques Josse, etc.). La poésie de Michel Dugué s'y consacre également en grande partie. Elle est d'abord en effet une attention soutenue au paysage, à ses éléments nus balayés par les vents, à sa lumière cinglée d'oiseaux, aux schistes qui effeuillent le jour, aux arbres qui interrogent la terre. C'est une nature à la fois discrète et rude qui y est décrite, loin de tout pittoresque et de toute sentimentalité. Poésie économe, tant par les moyens qu'elle met en œuvre que dans les effets qu'elle vise, elle opère moins un enchantement qu'une décantation. On peut penser aux scrupules et à la modestie d'un Jaccottet, avec une même méfiance envers les tourbillons de la langue lorsqu'elle s'arrête à ses images. Pour autant, Dugué, qui manie la prose et les vers avec une égale méticulosité, ne craint pas quelquefois de faire glisser son écriture comme un nœud coulant sur le paysage croqué avec une certaine cruauté, aussi respectueuse soit-elle de ce qui est observé :

     

    Le sentier serpente au bord de la falaise. De loin on dirait la corde d'un pendu tant il est étroit, tant le vide qu'il côtoie est sans rémission.

    Mais à bien observer la lande, on s'aperçoit qu'il en est le feston. Aucune fête cependant n'est prévue. La guirlande renonce à toute fleur. Nulle feuille ici que le vent pourrait bousculer. D'ailleurs il est trop occupé, bien plus bas, avec l'eau. Peut-être la soulève-t-il dans l'espoir d'accrocher le sentier pour l'entraîner par le fond. La lande suivrait. Le sol se déchirerait, abandonnerait sa peau à la mer.

    On voit à quelle vision l'entraîne le glissement de la comparaison sentier / corde / feston / guirlande : non tellement à la fantaisie, plutôt à la mélancolie. Mélancolique, cette poésie l'est parce qu'elle voudrait justement autre chose que la mélancolie : une saisie du monde qui serait « un assentiment au dehors », une simple et franche participation à ce qui est. Si tant est que cela soit possible. Car

    De quelle erreur procédons-nous ou

    de quel deuil ?

    Pour soupirer ainsi

    après les premières jonquilles

     

    La poésie énonce ainsi un regret : qu'il faille en passer justement par le regret pour appréhender et approuver le monde. Comme si la mélancolie était à la fois le bon filtre, le prisme valable à travers lequel voir, et la seule cause d'elle-même. Comme si la mélancolie – ou l'élégie, une élégie légère et désencombrée – était la juste mesure quoiqu'elle est encore de trop, la seule mesure consciente, finalement. Mesurer, arpenter, marcher avec les lenteurs de l'âge, autant de tâches qui incombent à une sensibilité soucieuse de ne prélever dans la géographie que le peu, le moindre, dans une nature pourtant violente et soumise à la force de son caractère. Un orage ? « Les pierres ne s'en émeuvent guère. Rincées elles luisent d'un éclat neuf comme après le déferlement des vagues sur elles. Je les observe régurgiter le peu de lumière qu'elles renferment. » Quand les éléments sont en dialogue, la lumière est leur verbe.

    C'est aussi une géographie humaine qui s'esquisse ici, traversée d'hommes simples, frustes et taciturnes, mais qui consentent, et qui autant que les choses participent d'un mystère. D'un mystère qui ne s'énonce pas toutefois comme mystère mais comme évidence, c'est-à-dire une présence d'une troublante proximité. Hommes chez qui la quête de lumière n'entame pas leur opacité. Le recueil se clôt alors par une touche plus sombre, l'évocation d'une femme que l'on devine vieille, perdue dans sa résidence collective, aussi absente à celui à qui elle manque qu'absentée à elle-même.

    © Laurent Albarracin

    sur le site de Pierre Campion À la littérature